Avez-vous oublié ces 3 règles de français ?

Le français possède d’innombrables règles et nuances. Même pour les experts, maîtriser parfaitement cette langue est un défi. Aujourd’hui, je vous présente trois erreurs de français qui sont fréquemment commises.


1. Quel verbe suit un « avant/après que… » ?

L’expression « avant/après que » cause souvent des maux de tête. À l’école, on nous apprend que le que entraîne l’emploi du subjonctif, mais dans certains cas, l’indicatif peut également être placé après un que. Comment savoir quel verbe employer ?

L’indicatif exprime la certitude, une action qui s’est déroulée.

(« qu’il a » / « qu’il est »)

Le subjonctif exprime une chose qui est envisagée, une action encore incertaine.

(« qu’il ait » / « qu’il soit »)

Le terme « avant que » est donc obligatoirement suivi du subjonctif puisque l’action ne s’est pas encore produite (incertitude). Le terme « après que » est donc obligatoirement suivi de l’indicatif puisque l’action s’est produite (certitude).

Exemples :

  • CORRECT : « Avant qu’ils puissent entrer, ils devront passer par la sécurité. » (subjonctif)
  • INCORRECT : « Avant qu’ils peuvent entrer, ils devront passer par la sécurité. » (indicatif)

  • CORRECT : « Après que le soleil s’est couché, nous sommes revenus. » (indicatif)
  • INCORRECT : « Après que le soleil se soit couché, nous sommes revenus. » (subjonctif)

  • CORRECT : « Après qu’ils seront arrivés, nous irons manger. » (indicatif)
  • INCORRECT : « Après qu’ils fussent arrivés, nous irons manger. » (subjonctif)

 


2. Comment accorder un participe passé suivi d’un infinitif ?

Le participe passé est difficile à maîtriser : sa conjugaison est entièrement dépendante de la phrase dans laquelle il se trouve. On sait que lorsque l’objet direct du participe passé le précède, il faut l’accorder selon le nombre et le genre (« les fleurs que j’ai plantées »). Cependant, il arrive qu’un participe passé ne reçoive aucun accord s’il est suivi d’un verbe infinitif (« les fleurs que j’ai vu planter »). Comment savoir quelle conjugaison employer ?

Le participe passé, lorsqu’il est précédé de son objet direct et suivi d’un verbe infinitif, se conjugue seulement lorsque l’objet direct commet l’action. Si ce n’est pas l’objet direct qui agit, le participe passé n’est pas conjugué.

Exemples avec les fleurs :

  • « Les fleurs que j’ai vues se dessécher. »
  • Ce sont les fleurs qui se dessèchent, donc le participe passé est conjugué.

Pour déterminer si l’objet direct fait bien l’action, ajoutez « en train de » entre le participe passé et le verbe infinitif : « Les fleurs que j’ai vues en train de se dessécher. »

  • « Les fleurs que j’ai vu planter. »
  • C’est quelqu’un qui commet l’action de planter les fleurs, pas les fleurs elles-mêmes. Le participe passé n’est donc pas conjugué.

Pour déterminer si l’objet direct subit l’action au lieu de la faire, ajouter un « en train d’être » entre le participe passé et le verbe infinitif : « Les fleurs que j’ai vu en train d’être plantées. » Puisqu’elles sont plantées, elles ne peuvent pas être en train de commettre l’action de planter. (Le verbe infinitif deviendra conjugué dans votre phrase de vérification puisqu’il sera précédé de l’auxiliaire être, mais dans votre phrase originale, il ne l’est pas, donc il doit rester à l’infinitif.)

Autres exemples :

  • CORRECT : « La tarte que j’ai fait cuire. »
  • Ce n’est pas la tarte qui commet l’action de cuire, donc il n’y a pas d’accord.

  • INCORRECT : « Les tricheuses se font faites gronder. »
  • Ce ne sont pas les tricheuses qui commettent l’action de gronder, donc il n’y a pas d’accord.
  • La réponse : « fait ».

  • INCORRECT : « Les enfants que j’ai vu grandir. »
  • Ce sont les enfants qui grandissent, donc il doit y avoir un accord.
  • La réponse : « vus ».

 


3. Peu de chose ou peu de choses ?

Par la simple présence d’un s, l’expression « peu de chose(s) » peut changer de sens. Comment l’utiliser correctement ?

« Peu de chose » peut être écourté en « peu ». Il signifie « une chose peu importante ».

« Peu de choses » peut être modifié en « plusieurs choses. » Il signifie « un petit nombre de choses ».

Exemples : 

  • « La fermeture du restaurant a peu de chose à voir avec un manque d’argent. »
  • « La fermeture du restaurant a peu à voir avec un manque d’argent. »

Puisque l’expression « peu de chose » peut être remplacée par « peu », le s n’est pas nécessaire.

  • « Il apporte peu de choses pour son voyage. »
  • « Il apporte plusieurs choses pour son voyage. »

Puisque l’expression « peu de choses » peut être remplacée par « plusieurs choses », cela signifie que les choses mentionnées peuvent être comptées et que le s est donc nécessaire.

Autres exemples :

  • INCORRECT : « Penses-tu vraiment que tu comptes pour peu de choses à mes yeux ? »
  • Le « peu de choses » dans cette phrase peut être remplacé par « peu », donc il faut enlever le s.

  • CORRECT : « Peu de choses sont aussi essentielles que la nourriture. »
  • Le « peu de choses » peut être remplacé par « plusieurs choses », donc le s est correct.

  • INCORRECT : « Même si c’est peu de choses, je tenais à te donner ce petit cadeau. »
  • Le « peu de choses » peut être remplacé par « peu », donc le s est incorrect.

Si cette technique vous laisse tout de même avec des doutes, n’hésitez pas à vous demander si le « peu de chose(s) » parle d’une chose peu importante ou d’un petit nombre de choses. Cette question est une vérification infaillible !


Cet article est le premier d’une série visant le rappel de certaines règles de français. Avez-vous oublié celles qui se trouvent sur cette liste ?

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