Critiques rapides : 15 mars 2017

Pour relire ma dernière édition des critiques rapides, cliquez ici.

Oeuvres discutées :

  • Mars par Ben Bova
  • Yesterday’s Gone par Sean Platt & David Wright.


— Mars, de Ben Bova.

(607 pages)

Je suis allée à la bibliothèque sans savoir dans quel genre de lecture je souhaitais m’embarquer. Ma recherche n’a pas été bien longue : dès mon entrée, le livre « Mars » de Ben Bova m’a sauté aux yeux avec sa page couverture aux allures de science-fiction. Sans même lire son résumé, j’ai décidé de l’emprunter.

« Mars » est un roman qui raconte la première expédition de l’humain sur la planète rouge. Une équipe de 25 scientifiques y est envoyée pour une durée de 60 jours seulement, ce qui entraîne un horaire très strict dans lequel chaque voyage martien est déterminé au mètre près. Ce plan est chamboulé par la découverte du personnage principal, le docteur Waterman, qui motivera l’équipe au sol dans une autre direction…

J’ai bien apprécié cette lecture. Le livre suit en détails les occupations des savants sur Mars et couvre une bonne partie des questions techniques que l’on pourrait avoir. Les informations y sont à peu près exactes, à l’exception d’un seul détail : dans l’histoire, les habits des astronautes sont très peu résistants au froid de Mars, ce qui n’est pas représentatif de la réalité puisque nous avons la technologie pour survivre des températures bien plus froides que celles connues par la planète rouge. Mais bon, cette petite erreur n’affecte pas la qualité générale du roman.

Bien que l’histoire suive en détails l’évolution du passage des savants sur Mars — avec quelques brèves interruptions de mises au point sur ce qui se passe sur Terre — je n’ai pas trouvé la lenteur du texte lourde ou dérangeante. Peut-être est-ce parce que le roman traite d’un sujet qui me passionne, mais je pense que l’auteur s’y est également pris d’une façon habile.

Certains moments du roman m’ont rendue craintive : à plusieurs reprises, j’ai eu l’impression que Ben Bova pointait son doigt vers un problème imminent qui, dans le cas où cela deviendrait un élément majeur de l’histoire, serait à la fois prévisible et ennuyant. Je m’avançais donc dans ma lecture doucement, à l’affût du déclenchement de ma déception face à cette oeuvre. Heureusement, ces chemins n’ont jamais été empruntés. Grâce à ces potentiels dangers qui ont attiré toute mon attention, je n’ai pas réussi à percer le mystère final du roman jusqu’à ce que sa réponse soit révélée. Je pense que dans d’autres circonstances, j’aurais deviné le focus des derniers chapitres sans trop de difficulté.

Je ne sais pas si ce roman plairait à tous, ou même s’il s’agit d’une remarquable réussite littéraire : j’ai l’impression qu’il s’agit d’un livre que tout le monde lit différemment. Peut-être certains seront-ils dérangés par les clichés que représentent la plupart des personnages, peut-être d’autres seront-ils envoûtés par l’alléchante illusion de faire partie d’une équipe qui découvre un monde que l’Homme n’a encore jamais touché. Tout ce que je peux vous dire, c’est que je fais partie de cette deuxième catégorie.


 — Yesterday’s Gone, de Sean Platt & David W. Wright.

(238 pages)

Cette série reposait depuis deux ans sur ma liste de futures lectures, mais je ne me souvenais plus de la raison pour laquelle je l’y avais inscrite. Même après avoir terminé le premier tome, ma motivation me semble encore floue : était-ce à cause du style cinématographique volontairement imposé par les auteurs de Yesterday’s Gone, ou alors parce que le résumé m’avait promis une alléchante apocalypse ? Dans les deux cas, j’ai été déçue.

Je me suis lancée dans cette lecture en sachant très bien qu’il s’agirait d’un film lu plutôt que d’un livre lu. Les auteurs prennent d’ailleurs la peine de nous l’expliquer dans un épilogue précédant le début de l’histoire : étant des adeptes de la télévision, leur but était d’écrire un roman qui donnait un ressenti similaire à celui d’une histoire sur écran. Ce style littéraire est loin d’être mon préféré, mais c’est celui vers lequel je me tourne lorsque j’ai envie d’une lecture rapide et vive… ce que ce premier tome ne m’a aucunement offert.

Yesterday’s Gone débute avec une succession de chapitres qui introduisent différents personnages subissant l’arrivée de cette étrange apocalypse. Je ne me considère pas très sévère envers cette méthode d’écriture — après tout, j’ai passé au travers des 100 premières pages du roman Le Dôme de Stephen King — mais dans une oeuvre où l’accent est posé sur le rythme de l’histoire et pas sur sa qualité littéraire, j’ai été déstabilisée de voir que les 10 premiers chapitres n’étaient consacrés qu’à l’introduction de nouveaux visages. La base était bonne, j’étais lancée dans ce nouveau monde et j’étais prête à le découvrir, mais chaque fois que le récit s’approchait du prochain pas, tout recommençait à nouveau dans le chapitre suivant. Un personnage se réveille dans des circonstances étranges, constate les circonstances étranges, se questionne sur les circonstances étranges. C’est bien de découvrir les différents impacts qu’un tel événement peut avoir sur la population, mais pas pendant la moitié du livre.

Heureusement, la deuxième partie a commencé à retrouver le point de vue de personnages qui — fiou ! — avaient déjà connu leur introduction auparavant, et l’histoire a pu enfin démarrer. Rien de particulier à dire sur celle-ci : elle n’est pas mauvaise, mais avec seulement quelques chapitres pour découvrir son univers, je n’ai pas pu retirer grand chose de ce premier tome.

Pour l’instant, Yesterday’s Gone est une déception. Je vais peut-être me lancer dans le deuxième par curiosité, mais si je ne pouvais lire qu’un maximum de 200 autres livres au cours du restant de ma vie, il n’en ferait certainement pas partie.

Laisser un commentaire