Deux ans d’écriture

Aujourd’hui, j’ai écrit. Hier aussi. C’est ce que je fais depuis 730 jours consécutifs — depuis deux ans.


Lorsque j’ai célébré ma première année d’écriture dans cet article, je n’avais pas l’intention de publier mes prochains anniversaires sur le blog. J’ignorais d’abord si je réussirais à relever le défi pour un autre 365 jours, puis je me disais que même si c’était le cas, toutes les informations d’intérêt avaient déjà été mentionnées dans le premier article. En voyant que le mercredi de publication tombait sur le 2 mai, la date exacte de l’anniversaire, je n’ai cependant pas su résister.

Deux ans d’écriture. J’ai contemplé longuement ce que je devrais faire pour célébrer mon accomplissement, et j’ai compris que cet article n’obéirait qu’à une seule intention : immortaliser une autre étape de ma relation avec l’écriture. Après avoir passé 730 jours consécutifs à ses côtés, sa présence m’est aussi familière que mon pyjama ou ma brosse à dents. Cette sensation m’habitait déjà à la fin de la première année, mais elle s’est encore plus approfondie au cours de la deuxième. Je suis certaine qu’elle continuera à le faire au fil du temps.

J’écris depuis que je peux écrire et j’écrirai aussi longtemps que je le pourrai. Pourtant, le jour où j’ai décidé d’imposer l’écriture à mon quotidien, j’ai eu l’impression de toucher à des mots pour la première fois.

Je me souviens avoir passé de nombreuses années où quotidiennement, je composais des textes dans ma tête. En marchant, en mangeant, à l’école, dans la douche. J’avais tant de choses à exprimer que je ne pouvais pas attendre d’avoir accès à du papier. En débutant mon défi d’écriture, je pensais matérialiser cette habitude. Ce que je ne réalisais pas, c’est que les mots qu’on s’imagine disparaissent dès qu’ils ont été pensés, tandis que les mots écrits nous jugent, nous fixent, nous narguent. Ce n’est plus une question de trouver les bons mots, ce sont les mots qui questionnent leur auteur.

Bien sûr, cet affrontement ne m’était pas inconnu. Comme je l’ai dit, j’écrivais depuis assez longtemps pour savoir que je souhaitais le faire toute ma vie. Mais mener ce combat par obligation tous les jours, c’est différent du combat qu’on mène par inspiration. Lorsqu’on apporte une idée à une page, les mots sont dociles, ils se soumettent à tout ce qu’on leur impose. Quand je me mettais autrefois à écrire, c’était parce que j’avais quelque chose à écrire. Mais le premier jour où j’ai lancé mon défi, j’ai réalisé que je ne savais pas écrire sans avoir quelque chose à écrire. J’ai vu que si je réussissais à remplir une page adéquatement lorsque j’étais inspirée, c’était loin d’être le cas lorsque je ne l’étais pas. Toute mon aisance, toute ma créativité, tout disparaissait quand j’avais la tête vide et que je devais pourtant rendre une page pleine.

Composer dans ces circonstances est une chose souffrante, horrible, décourageante et absolument merveilleuse. Avant de commencer à écrire quotidiennement, je connaissais seulement la surface de mon écriture. Désormais, je dois plonger chaque jour dans les profondeurs de ma créativité, et c’est ce voyage qui me fait le plus évoluer.

Depuis le 2 mai 2016, j’ai écrit 278 327 mots.

Depuis deux ans, je m’affronte à la même page et depuis deux ans, je ne rencontre jamais la même image.

2 réflexions au sujet de « Deux ans d’écriture »

  1. C’est tout un accomplissement! Félicitations. Ça démontre une grande discipline, autonomie et courage. Des qualités qui t’aideront dans tout ce que tu entreprendras. J’ai beaucoup d’admiration! Ne lâche pas.

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