Un an d’écriture

Le 2 mai 2016, j’ai pris la décision d’écrire à chaque jour. Peu importe ma santé, mes occupations ou mon emplacement, je devais désormais terminer la journée avec quelques centaines de mots écrits quelque part. Bons ou mauvais ? Ça n’était d’aucune importance. Il fallait simplement que j’intègre l’écriture à ma routine quotidienne.

Par le passé, je m’étais souvent fait la promesse d’adopter un horaire d’écriture structuré et fructueux. Je réussissais chaque fois à remplir ma tâche pendant deux ou trois jours, puis je lâchais. Pas parce que je n’aimais pas écrire, mais parce que je n’aimais pas ce que j’écrivais.

En prenant la décision d’écrire à chaque jour, je savais donc que si j’espérais une qualité littéraire constante, mon défi ne rencontrerait aucun succès. Je m’y suis donc lancée sans grandes attentes. Je me disais que si je m’arrêtais après une seule semaine, au moins ce serait 7 jours d’écriture de plus dans l’année.

Aujourd’hui marque le 366ème jour consécutif où j’ai écrit.


ÉVOLUTION

Ma première entrée d’écriture avait accumulé un bon nombre de mots : 777. Ils n’étaient pas soignés, partaient dans toutes les directions et peinaient à faire du sens. Mais à la fin de la journée, mon intense sensation d’accomplissement avait été révélatrice quant aux bienfaits de cette activité. Il ne faisait aucun doute que je devais continuer à écrire de cette façon. J’avais enfin trouvé la formule gagnante.

La deuxième journée s’était déroulée de façon similaire : 787 mots. Toujours pas parfaits ou potables, mais le texte adoptait cette fois-ci un but.

Petit à petit, j’ai commencé à m’apprivoiser à cette forme d’écriture spontanée, et éventuellement je n’ai plus eu besoin de ces centaines de mots jetables pour que mon aisance écrite prenne enfin lieu. Certes mon compte final de mots était nettement moins élevé que celui des premiers jours — dans les 300 —, mais il s’agissait de phrases soignées, et j’en étais satisfaite. Cette stabilité créative m’a éventuellement poussée à me lancer dans l’entretien de ce blog.

Actuellement, j’écris en moyenne 400 mots par jour. Mon objectif est de me rendre à 2000 quotidiennement : c’est le compte de Stephen King, qui écrit également à tous les jours. Mon plus grand obstacle jusqu’à présent n’a pas été le manque d’inspiration, mais plutôt mon horrible gestion du temps. Lorsque j’écris au cours de la journée, je peux me rendre facilement jusqu’aux 1000 mots. Pourtant, je me retrouve fréquemment aux petites heures du matin — d’ailleurs le cas en ce moment même, il est 2:00 du matin — en train de presser mon écriture parce que je croule sous la fatigue. Mais bon, c’est quelque chose de facilement réglé, et un an d’écriture consécutive m’a appris que rien n’était un trop gros défi. 2000 mots doit être certainement faisable dans mon cas !


CONTENU

Quand je partage à quelqu’un que j’écris depuis un an, la première question qui m’est posée est celle-ci : « Mais qu’écris-tu exactement ? »

Je n’ai pas de réponse précise à donner. Ce n’est pas un journal, mais parfois ce l’est, ce n’est pas un roman, mais parfois ce l’est, ce n’est pas un monologue, mais parfois ce l’est, ce ne sont pas des articles, mais parfois c’est le cas… J’écris ce qui me vient, peu importe ce que c’est, parce que je souhaite simplement écrire. Même si je dois faire un paragraphe sur mon repas du soir pour que les vrais mots se mettent enfin à couler, j’en suis heureuse.

Ma règle : ne jamais rien effacer. Évidemment je supprime les phrases que j’ai modifiées suite à une relecture, mais je conserve tout le reste. Il arrive que ça ne fasse aucun sens ou que ce soit très mal écrit, et parfois si horrible que j’en viens à prier pour que personne n’ait le malheur d’avoir à lire une telle maladresse. Mais ce n’est pas très grave. Quand on écrit à tous les jours pendant un an, il ne faut pas s’attendre à un contenu prêt à s’imprimer dès qu’on le tape. C’est avant tout un exercice d’écriture.


ORGANISATION

Si vous êtes intéressés à (re)voir l’interface dans laquelle je range mes entrées quotidiennes d’écriture, j’en avais brièvement parlé dans cet article. Je suis encore le même fonctionnement. D’ailleurs, si vous planifiez de vous lancer dans une aventure similaire à la mienne, mon plus grand conseil serait de vous trouver une plateforme prête à accueillir l’intégralité de vos mots. Pourquoi ?

  • Il vaut mieux se casser la tête uniquement sur les mots qu’on souhaite écrire. L’inspiration se montre soudainement et si vous perdez ces précieux instants à décider où vous allez écrire, votre élan créatif perdra son impulsion.
  • Parfois on a besoin d’un mot ou d’une phrase pour relancer notre texte, et en regroupant toutes nos entrées d’écriture sur un seul espace, il est très facile d’aller revisiter nos anciennes traces créatives. Il est également possible grâce à ça de sauter dans le temps et de lire ce qu’on a écrit à une autre époque de notre vie.
  • En organisant (numéros, dates, […]) nos textes dans un seul endroit, on peut visualiser l’ampleur de notre réussite, ce qui est une bonne motivation pour continuer.

Alors que ce soit un carnet, Word, mon logiciel fétiche Scrivener ou même des emails que vous vous envoyez à vous-même, il est important de préparer la maison de vos futurs mots. Si je n’avais pas un système déjà établi dans tous ses détails, je suis certaine que je n’aurais pas pu réussir à écrire consécutivement pendant une aussi longue durée.


Écrire consécutivement pendant 366 jours est quelque chose que j’aurais eu de la difficulté à imaginer il y a quelques années. Ça a toujours été un de mes objectifs, mais après mes nombreux échecs, j’avais commencé à croire que ce n’était pas un fonctionnement qui m’irait bien. Heureusement, c’était faux. Je me suis lancée spontanément dans ce défi, peut-être sans réellement y croire, mais je l’ai réussi en m’affirmant qu’aujourd’hui n’allait pas être la journée où j’allais abandonner. Puis aujourd’hui est devenu un demain, un après-demain, et ainsi de suite. Jusqu’à ce aujourd’hui. 3 mai 2017. Cela fait 366 jours que je ne lâche pas, et ce n’est certainement pas aujourd’hui que ça changera.

3 réflexions au sujet de « Un an d’écriture »

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  2. Merci Mamaki d’avoir partagé ces propos avec nous. Personnellement, ça m’inspire beaucoup quant à la persévérance, et ta façon de l’aborder n’est pas culpabilisante.J’en retiens surtout que l’effort, aussi petit soit-il, ne doit pas être évalué comme étant négligeable. On me le dit depuis des années, mais je n’ai pas encore réussi à me le rentrer dans le crâne. Peut-être cette fois sera la bonne, qui sait… 🙂

    Namaste

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