Un an sous le ciel

Le 29 août 2016, j’ai décidé que j’allais publier à toutes les semaines sur ce blog : peu importe les circonstances, chaque mercredi devait désormais être accompagné d’un nouvel article. Je savais que ça n’allait pas être une tâche facile à long terme. Je suis une grande victime de la page blanche, et au fond de moi, j’ai toujours cru qu’elle finirait éventuellement par me rattraper. Mais malgré toutes les soirées où j’ai dû me fracasser le crâne pour en sortir une idée, je n’ai jamais encore perdu face à elle.

Je célèbre aujourd’hui la première année de sousleciel.ca.


52 articles. Lorsque je fais défiler les pages de ce blog, une année entière parade devant moi. Je n’en ai pourtant pas l’impression. Chaque fois que vient le moment de publier un article, je me sens comme si c’était la première fois que j’exposais mes mots. Je déchire l’écran du regard à la recherche de fautes, je modifie 100 fois la syntaxe de mes phrases, j’assaille mes proches de questions : ai-je expliqué ceci clairement ? Le flot de mon article est-il naturel ? Le sujet était-il intéressant ? De quoi devrais-je parler dans mon prochain article ?

Dès que ma publication du mercredi est en ligne sur le blog, je commence déjà à chercher mon prochain sujet. C’est une course contre la montre qui ne s’arrête jamais, car elle redémarre à toutes les semaines. Même si j’ai parfois envie de baisser les bras face à mon manque d’inspiration, je n’arrive jamais à me dire que ce mercredi sera celui où j’ai abandonné. « Un dernier, et ensuite je serai libre d’arrêter. ». Mais cette pensée ne me quitte ni la semaine suivante ni l’autre d’après et ni l’autre encore : je repousse toujours l’échec à un futur mercredi. Et c’est grâce à ce refus de laisser tomber tout de suite que j’ai réussi à publier consécutivement depuis un an sur ce blog. Je n’ai pas raté un seul mercredi parce que je ne me suis jamais laissée le droit de le faire.

Au moment où j’écris cet article, il doit être publié dans deux semaines. Ce n’est pas la première fois que je réussis à prendre de l’avance. J’ai même eu autrefois les articles des trois prochains mercredis complétés. Mais si je ressens le besoin de vous le partager, c’est parce que cette avance est malheureusement très rare. Lorsque j’ai créé ce blog, j’avais en tête d’évoluer éventuellement à deux articles par semaine. Je savais qu’au départ j’allais devoir m’habituer à ce rythme d’écriture et que je ne réussirais pas immédiatement à publier constamment, mais je croyais qu’après quelques mois, j’aurais assez pris mon aise pour doubler ma quantité d’articles.

Ça n’est jamais arrivé. J’aurais aimé que ce soit le cas, mais j’ai réalisé qu’il aurait pour cela fallu que je baisse la qualité et le travail mis dans mes articles, et je ne pouvais pas me pousser à le faire. J’ai songé à publier un petit quelque chose — une astuce de français, une petite critique de livre, un partage d’une belle image… — les samedis en plus des mercredis, mais la simplicité de ces articles me rendait inconfortable. J’avais l’impression que vous méritiez quelque chose de plus complet. J’avais l’impression que ça ne me faisait pas travailler assez. J’avais l’impression que mon écriture en perdait son éclat et que je l’utilisais seulement pour combler le vide.

Le contenu de mes articles n’est généralement pas des plus poétiques. Souvent, je présente des informations ou des concepts déjà bien définis. J’ai du plaisir à les faire, mais pour moi, l’essence de ce blog se trouve dans la catégorie « Vie ». Ce sont les sujets qui me tiennent le plus à coeur. Malheureusement, ce sont également les articles les plus demandants à faire, donc je n’en publie pas autant que je le souhaiterais. Je pense qu’un jour, si je viens à abandonner la publication hebdomadaire, je consacrerai entièrement ce blog à ce type de textes. Ou peut-être pas. Peut-être qu’éventuellement je vais réellement dompter l’écriture et être capable de guider ma plume comme je le sens. Pour le moment, même quand je sais précisément de quoi je souhaite parler, mes phrases sortent douloureusement. J’ai des articles que je bâtis depuis des mois et même si j’ai mis beaucoup de soin dans chacun de leurs mots, je sais qu’ils finiront par être complètement réécrits. C’est ainsi que je fonctionne — pour le moment.

Un an où je n’ai jamais cessé d’écrire, de créer, de penser pour ce blog. J’attendais avec impatience ce seuil : pas parce que je souhaitais l’utiliser comme excuse pour abandonner, mais parce que j’avais peur de ne pas l’atteindre. Désormais, peu importe ce qui arrive, je sais que je suis capable de pousser ma créativité sans répit pendant une année entière. Même avec un petit nombre de lecteurs et aucun profit, je peux me motiver à le faire.

Je n’ai pas l’intention de m’arrêter ici, après cette première année.

Si vous continuez à me suivre dans celle qui suit, je vous remercie.

À mercredi prochain !

3 réflexions au sujet de « Un an sous le ciel »

  1. Toutes mes félicitations, Mamaki, pour cet ardu et si beau travail! Il me fait toujours plaisir de te lire. Continue; je suis certaine, qu’un jour, je trouverai une de tes publications dans une librairie.

    Quand je te lis toutes les semaines, je me dis qu’il y a encore de beaux et bons jeunes; malheureusement, on n’entend pas assez parler de vous.

    Je te lirai encore durant cette deuxième année que tu entreprends.

    Merci, Mamaki, tu me fais du bien!

    Madeleine.

  2. Félicitations Mamaki! Et merci de continuer d’écrire. À chaque mercredi matin, c’est comme un cadeau que je reçois de toi dans ma boîte de courriel. Continue et bravo pour ta persévérance!

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