Un regard sur les dystopies (2ème partie)

Une dystopie est un récit qui présente une société construite sur des principes qui nuisent à la liberté et au bonheur des habitants L’an dernier, j’ai publié un article qui comparait quatre oeuvres dystopiques afin de constater les similarités qui les reliaient. Puisqu’il existe des centaines de romans qui exploitent ce sujet et que je continue d’en lire fréquemment pour les analyser, j’ai décidé d’ajouter plusieurs parties à mon article original.

Aujourd’hui, je compare quatre de mes récentes lectures dystopiques :

  • Reboot par Amy Tintera
  • Partials par Dan Wells
  • Scythe par Neal Shusterman
  • Les Oubliés par Léna Jomahé


Reboot par Amy Tintera

Résumé : Wren est morte après avoir reçu trois balles dans la poitrine. 178 minutes plus tard, elle est revenue à la vie, plus forte et résistante que jamais. Elle est devenue une Reboot. Plus le temps de la mort clinique est long, plus l’adolescent reboot est puissant et insensible. Avec son record de 178 minutes, Wren devient l’arme la plus dévastatrice du pays.

Nombre de pages : 365

Date de sortie : 2013

    

AVIS PERSONNEL

Reboot possède l’atout principal de toute oeuvre dystopique : un concept intriguant. En m’aventurant dans ce roman, j’étais excitée de découvrir un récit guidé par un être dénudé de son humanité. Ma déception a donc été prononcée lorsque j’ai compris que Wren, le personnage principal, ne mettrait que quelques chapitres avant de recommencer à penser comme une humaine. Grâce à un simple garçon, en plus.

Je peux pardonner une histoire d’amour qui occupe le premier plan dans une oeuvre de science-fiction. C’est rare, mais je le peux. Cependant, pour que cela puisse arriver, il faut au moins que la relation soit basée sur des mots plutôt que sur des baisers. Si je compilais le dialogue des deux amoureux dans le roman entier, je ne pense pas qu’un seul chapitre en serait rempli. C’est la même chose pour le monde environnant : le contexte n’est jamais approfondi ou clairement expliqué. Peut-être est-ce le cas dans le deuxième tome, mais pour moi, c’est trop tard.

Les points positifs du roman sont qu’aucun triangle amoureux n’y figurait et que le rythme demeurait constant. Tout ce que Reboot a réussi à accomplir, c’est de nommer ce qu’il aurait dû être. À mes yeux, Amy Tintera a créé un monde intéressant, mais n’a pas réussi à nous le partager.


Partials par Dan Wells

Résumé : 2076. La guerre contre les Partials, des êtres génétiquement modifiés, a décidé la quasi-totalité de la planète. Depuis, un virus menace la survie de l’humanité : le RM, qui tue tous les nouveaux-nés à leur naissance. Afin de trouver une solution à ce grave problème, les 40 000 habitants de Long Island ont établi une loi obligeant toute jeune fille à tomber enceinte dès l’âge de 18 ans.

Nombre de pages : 515

Date de sortie : 2012

    

AVIS PERSONNEL

Partials est une oeuvre imparfaite : les 200 premières pages m’ont semblé interminables, le récit fait souvent preuve d’un manque flagrant de réalisme, un seul personnage est véritablement attachant. Cependant, j’ai été contente de découvrir un monde qui est bien expliqué, bien développé et bien exploité.

Je trouve que les romans dystopiques pour jeunes adultes se concentrent généralement sur les mêmes thèmes : l’injustice, le manque de liberté, le mensonge. Ce n’est pas une mauvaise chose en soi, mais je suis toujours heureuse de rencontrer une facette différente dans une histoire. Partials présente une réalité où toutes les filles de plus de 18 ans sont obligées de porter un enfant aussi souvent qu’elles le peuvent. C’est un aspect qui est souvent ignoré dans les récits jeunesse, alors j’ai été agréablement surprise de découvrir une oeuvre qui osait l’explorer.

Malheureusement, l’histoire m’a semblé trop souvent irréaliste : plusieurs dialogues ne paraissaient pas naturels, les capacités et les décisions des personnages manquaient de sens, certains éléments du monde me semblaient inconsistants. Par exemple, Wren trouve une horloge sans en comprendre la fonction, mais il est insensé que les horloges aient disparu en seulement onze ans alors que l’électricité et les batteries existent toujours.

Si ma note se basait uniquement sur l’enthousiasme de ma lecture, Reboot aurait plus d’étoiles. Cependant, pour le développement poussé de son univers, Partials se mérite 0.5 point de plus à mes yeux.


Scythe par Neal Shusterman

Résumé : Un monde sans famine, sans maladie, sans guerre, sans misère. L’humanité a vaincu toutes ces choses, et a même vaincu la mort. Désormais, les scythes sont les seuls êtres qui peuvent mettre fin à une vie. Citra et Rowan sont choisis pour devenir un apprenti scythe — un rôle qu’aucun des deux ne souhaite.

Nombre de pages : 435

Date de sortie : 2016 (Titre en français : La Faucheuse)

    

AVIS PERSONNEL

Avec cette oeuvre, Neal Shusterman confirme qu’il est l’un des meilleurs auteurs de dystopie « jeune adulte ». Il y a quelques années, j’avais été étonnée de découvrir sa solide série Les Fragmentés, qui est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai décidé de ne pas abandonner le genre dystopique malgré toutes les oeuvres génériques qui s’y trouvent (voir critique suivante). Un roman qui parle d’adolescents n’a pas à être enfantin ou superficiel, et ce sont des histoires comme Les Fragmentés et Scythe qui réussissent à le prouver.

En lisant Scythe, j’ai été heureuse de recroiser toutes les qualités qui m’avaient charmée dans les autres romans de Neal Shusterman : des personnages attachants qui ne se résument pas en une seule définition, des histoires bâties avec un soin remarquable et détaillé. Une critique de Scythe disait que le roman donnait la satisfaction de ne pas avoir trop de questions et je suis totalement d’accord. Le monde est complexe, chaque interrogation est répondue d’une manière naturelle et subtile. Même sans des paragraphes d’explications, Neal Shusterman fait comprendre son univers beaucoup plus profondément que d’autres oeuvres qui nous noient sous une mer d’informations.

La seule étoile manquante à ce livre est causée par le rythme du récit qui aurait peut-être pu être un peu plus rapide. Je n’ai pas été ennuyée pendant ma lecture, mais rien ne me pressait à la continuer.

J’ai hâte de découvrir le deuxième tome, Thunderhead, qui reçoit présentement des avis encore plus positifs que ceux de Scythe.


Les Oubliés par Léna Jomahé

Résumé : An 250 après la IVe Guerre mondiale. Seules quelques grandes villes parviennent à survivre grâce aux coupoles qui les protègent du monde extérieur. Chaque année, le Nouvel Ordre Mondial détermine l’avenir des jeunes de seize ans. Et chaque année, certains d’entre eux disparaissent. On les appelle les Oubliés.

Nombre de pages : 356 pages

Date de sortie : 2015

    

AVIS PERSONNEL

Les Oubliés ne fait preuve d’aucune originalité dans son concept : une cérémonie déterminant l’avenir des adolescents, des catégories qui leur sont attribuées suite à une série de tests, des disparitions mystérieuses et inexpliquées. Je pourrais remplacer le titre du roman par Divergence et le résumé resterait le même.

Ce qui différencie Les Oubliés des autres oeuvres dystopiques, c’est son personnage principal à qui je remets malheureusement le titre de la personnalité la plus désagréable et enfantine parmi tous mes romans lus jusqu’à présent. Kira passe son temps à faire des crises de colère aucunement justifiées, puis s’énerve quand on la compare à une gamine. « Quand vont-ils arrêter de me traiter comme une enfant ? » Quand tu cesseras d’en être une, j’imagine. Si j’avais lu ce livre aveuglément sans connaître son âge véritable, je lui aurais donné 9 ans. Elle en a 16.

Je ne peux pas dire que j’étais absolument désintéressée par le roman. Même si j’avais l’impression de relire un mélange de dix autres dystopies, il en faut beaucoup pour m’ennuyer dans un contexte futuriste, et le flot dans Les Oubliés était constant. Mais une ancre très, très lourde tirait tout de même le récit vers les abîmes : l’amour instantané entre Kira et un garçon. Dix jours après leur rencontre, Kira ne peut déjà plus imaginer sa vie sans lui. Pendant ce temps, je rêvais de ne plus avoir ces deux-là dans ma vie.

Les Oubliés est une oeuvre que j’aimerais oublier.


 

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